We March Against Wars and Capitalism,
We Defend the Sovereignty of Peoples and Buen Vivir!

Alors que les conflits géopolitiques s’intensifient et que le contrôle des entreprises sur les terres, les territoires et les biens communs naturels s’accentue, les mouvements sociaux et les Peuples Autochtones du monde entier se mobilisent autour de la deuxième Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural (CIRADR+20), organisée par le gouvernement de la République de Colombie et qui se tiendra à Carthagène, en Colombie, du 24 au 28 février 2026.
De la Palestine au Venezuela, de Cuba à l’Arctique, une nouvelle ruée impérialiste vers les territoires, les minéraux, l’eau et l’énergie est en cours. Les investissements financiers, l’occupation militaire, les blocages économiques et les projets dits de sécurité, de développement et de transition verte sont de plus en plus utilisés par les gouvernements, les entreprises et les élites pour déposséder les peuples et s’emparer du pouvoir sur les ressources stratégiques. En conséquence, le monde assiste à une concentration croissante des terres, à la spoliation des territoires, des biens communs naturels, ainsi qu’à une inégalité croissante. En tant que mouvements sociaux mondiaux de petits producteurs alimentaires, nous sommes déterminés à nous unir à Carthagène pour dénoncer l’impact direct de ces luttes de pouvoir mondiales sur les communautés rurales et urbaines de la classe ouvrière et pour lutter en faveur de politiques publiques qui respectent nos droits et notre autonomie.
En raison de cette expansion capitaliste et impérialiste, le système alimentaire mondial est également en crise profonde. Il s’effondre sous le poids de la crise climatique, des monocultures industrielles et des inégalités extrêmes. Nous, paysans, Peuples Autochtones et petits producteurs alimentaires qui nourrissons la majeure partie du monde et protégeons les écosystèmes, sommes confrontés à une nouvelle vague de dépossession alimentée par la militarisation, les grandes technologies, le crime organisé et la commercialisation de l’action climatique.
Nous, représentants de mouvements sociaux de plus de 70 pays, organisés au sein du Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (CIP) et participant à la CIRADR+20 dans le cadre du Programme d’action politique commun issu du 3e Forum mondial Nyéléni, appelons l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) à mettre en place des mécanismes d’évaluation solides, participatifs et réguliers pour suivre la mise en œuvre des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers (VGGT). La Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) doivent être les piliers centraux de réformes agraires globales, guidant les États dans la protection des droits collectifs, la garantie de la participation, le respect du consentement libre, préalable et éclairé, et la défense des territoires contre la expropriation.
La CIRADR+20, qui se tiendra du 24 au 28 février 2026, intervient vingt ans après la première conférence à Porto Alegre. Au cours des décennies qui se sont écoulées depuis, la concentration foncière s’est intensifiée et de nouvelles formes d’accaparement des terres et de l’eau se sont développées. En tant que mouvements sociaux, nous insistons pour que la conférence aille au-delà des recommandations techniques et des engagements volontaires.
Nous appelons à une réforme agraire integrale fondée sur quatre piliers: la reconnaissance des droits coutumiers et des droits des Peuples Autochtones sur les terres, les territoires et l’eau; la redistribution des terres et des biens communs naturels, y compris la limitation de l’accumulation par les entreprises et l’armée; la restitution aux communautés dépossédées par l’accaparement des terres, le colonialisme, l’occupation et les conflits; et une réglementation stricte des marchés fonciers afin de protéger les territoires producteurs de denrées alimentaires contre les utilisations extractives, spéculatives et militaires.
Une réforme agraire integrale est essentielle à la démocratie, à la paix et à la justice climatique. Toute réforme agraire integrale doit mettre l’accent sur l’égalité des droits fonciers des femmes, garantir un avenir digne aux jeunes ruraux et reconnaître les droits, la sécurité et l’appartenance des personnes de diverses orientations sexuelles et identités de genre dans les territoires ruraux. Sans engagements politiques et sans mécanismes efficaces de surveillance et de coopération à l’échelle mondiale, l’accaparement des terres prendra simplement de nouvelles formes.
Notre lutte pour la réforme agraire est aujourd’hui indissociable de notre combat contre l’impérialisme, l’autoritarisme et l’effondrement écologique. La conférence CIRADR+20 est un moment crucial pour intensifier nos efforts communs visant à récupérer les terres et les territoires, à restaurer la dignité des populations rurales, à instaurer la souveraineté alimentaire et à défendre les fondements mêmes de la vie. En tant que groupe de travail du CIP sur les terres, les forêts, l’eau et les territoires, nous organiserons un forum des mouvements sociaux et des Peuples Autochtones les 22 et 23 février afin de préparer nos propositions collectives pour la conférence.
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