La communication féministe en mouvement

World March of Women - Marche mondiale des femmes - Marcha Mundial de las Mujeres

Le différend pour la communication est fondamental dans notre lutte. Le néolibéralisme et les forces de l’extrême droite utilisent la désinformation, les fausses nouvelles et la manipulation comme méthode. Nous construisons des pratiques de communication féministes et populaires. Chaque action de communication que nous entreprenons fait partie de cette construction. Une communication sans barrières, réalisée sous différents formats – affiches, cartes, textes, audios, vidéos – et qui intègre rues, réseaux et champs.

Depuis deux ans, les coordinateurs de la région des Amériques publient leur newsletter trimestriel, un moyen de communication qui diffuse la richesse des actions, des activités, des expériences et des positions politiques du militantisme sur le continent. La newsletter est importante à la fois pour montrer la vitalité du mouvement et pour la construction collective et continue d’un agenda commun. De plus, c’est une solide expérience de travail collaboratif régional.

Mais comment parviennent-elles à publier une newsletter trimestrielle en quatre langues (espagnol, français, anglais et portugais)? Le programme de travail commence par la proposition de l’équipe éditoriale composée de Rocío Alorda (Chili) et Alejandra Laprea (Venezuela) d’un plan éditorial annuel, basé sur les accords de l’agenda élaboré par les coordinateurs nationaux ensemble. Et le plan éditorial de chaque édition s’adapte aux événements les plus proches des dates de publication.

La newsletter publie du matériel issu de collaborations nées dans les Coordinations Nationales: articles détaillés, images, revues photographiques, notes dans tout genre journalistique. Le matériel est reçu dans la langue maternelle de la coordination nationale. L’une des réalisations les plus importantes de l’équipe de la newsletter est la consolidation d’une équipe de traduction composée de compagnes du Brésil, des États-Unis, du Québec et du Venezuela. La conception et l’assemblage de l’édition se font à quatre mains: au Venezuela les pages sont assemblée et au Chili la distribution par courrier est projetée. Enfin, toute la Marche Mondiale des Femmes des Amériques s’est engagée à la diffuser. Ces dernières années, Rádio Mundo Real l’a rejoint en tant qu’allié dans sa distribution.

Le Bulletin Amériques n° 7 est disponible dans ce lien. Il présente un panorama des actions virtuelles de la MMF Amériques dans le 24h de solidarité féministe, le 24 avril ; un éditorial de Mafalda Galdames (Chili), qui analyse les conséquences du covid-19 et sa relation avec la crise du capitalisme et synthétise la position de la MMF face à cette nouvelle réalité ; les articles Et si nous le faisions ? de Kim Paradis, travail qui nous met au défi de passer de la théorie proposée de l’économie féministe et de l’écoféminisme à leur pratique ; Qui s’en soucie (pour nous) ? de Tania Cáseres N. et Daniela Smith V , qui traitent de l’impact de la Covid-19 sur l’économie des soins ; et une révision du document de travail de base de la MMF pour les 24H de solidarité féministe, Le virus du capitalisme , de Carmen Díaz du Mexique.

Un travail collectif

Au Brésil, depuis la 9e réunion internationale de la MMF, en août 2013, à São Paulo, un groupe de femmes communicatrices a été formé. « Nous sommes les communicateurs de la Marche Mondiale des Femmes. Nous comprenons la communication comme un droit humain fondamental et un principe important pour la transformation sociale, la lutte contre le machisme et la lutte anticapitaliste. Nous agissons comme un réseau horizontal et pluriel. Nous ne sommes pas un exemple, mais multiplicateurs de processus de communication. Avec créativité et irrévérence, nous construisons une communication populaire et féministe », c’est écrit dans la description du collectif, qui comprend aujourd’hui 30 camarades de tout le pays. Elles ont organisé un cours virtuel sur la communication féministe plus tôt cette année.

Partager nos besoins et nos connaissances fait également partie de cette construction. Ainsi, en juillet, des femmes du Brésil, du Mozambique, du Kenya et d’Afrique du Sud se sont réunies virtuellement pour organiser un atelier sur l’utilisation d’un outil en ligne pour la production d’affiches. Dans la communication populaire, les alliances sont également importantes. En association avec Radio Mundo Real, un moyen de communication contre-hégémonique des Amis de la Terre International, MMF Brésil produit le programme Furia Feminista [Feminist Fureur], qui peut être entendu sur Internet, en espagnol et en portugais.

Cette construction est permanente. Aujourd’hui, notre défi est d’étendre notre réseau de communication féministe MMF entre les régions. La Marche a des sites Web, des profils et des pages de médias sociaux et mène des actions dans des dizaines de pays à travers le monde, en plusieurs langues. La communication de notre mouvement fait partie de notre action collective, de notre diversité, de nos réflexions et de notre histoire. Nous invitons nos compagnes à connaître nos moyens de communication, à les diffuser et à enrichir notre communication populaire avec leurs contributions!

Nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !
Bulletin de Liaison – Juillet 2020