Les travailleuses de l’habillement protestent pour leur salaire au Bangladesh

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Au cours des sept dernières années, l’industrie du textile et de l’habillement au Bangladesh a augmenté ses revenus annuels de 19 à 34 milliards de dollars, soit une hausse de 79 %. Cela fait du pays le deuxième plus grand exportateur de vêtements au monde, le secteur représentant 80 % des recettes d’exportation totales du Bangladesh. L’industrie emploie environ 4 millions de personnes, dont 90 % sont des femmes.

En raison de la pandémie de COVID -19, le gouvernement du Bangladesh a annoncé un verrouillage du pays le 26 mars. Toutes les industries de l’habillement ont dû fermer leur production. Les travaileuses et travailleurs ont dû se rendre dans leurs villages pour survivre sans recevoir leur salaire de mars. Depuis lors, plus de 3,5 milliards de dollars de commandes de vêtements ont été annulés, selon l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh.

Les usines étaient « sous la pression » des marques pour respecter les délais d’exportation et craignaient le risque que des milliards de commandes soient détournées vers des opérations concurrentes dans des pays comme le Vietnam ou la Chine. C’est ainsi que de nombreuses usines de confection du pays qui avaient fermé fin mars, sous la pression des détaillants pour honorer les commandes d’exportation en cours, ont repris leurs activités, malgré le verrouillage national en vigueur jusqu’au 5 mai.

Des centaines de ces usines ont repris leurs activités dans les zones industrielles de Gazipur et Ashulia, à Chittagong, juste à l’extérieur de la capitale Dhaka. Des milliers d’ouvrières du textile sont retournés travailler dans des usines du Bangladesh au milieu d’un verrouillage national du virus corona, faisant craindre une augmentation de la propagation de la contagion. Elles sont désespérés de sauver leur emploi, leur salaire et leurs avantages sociaux.

L’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh compte 46 usines, qui n’ont pas payé le salaire des travailleuses et travaileurs pour les mois de mars, avril et mai. En cette période de crise, les dirigeants syndicaux ont déclaré que le gouvernement, les propriétaires et les acheteurs devraient avoir la responsabilité de soutenir ces travailleuses et travaileurs. Ils ont dit que si la direction ne payait pas les salaires, le gouvernement devrait en assumer la responsabilité. De plus, les propriétaires et les acheteurs doivent être maintenus sous pression pour former un fonds d’urgence.

Les travailleuses et travaileurs de l’habillement du Bangladesh protestent contre les salaires impayés après que les marques et les détaillants aient annulé des commandes et retardé le paiement des fournisseurs. En juin, plus de 500 industries n’avaient pas payé les salaires du mois de mars et des milliers d’ouvrieres de l’habillement ont organisé des manifestations devant leurs usines – risquant d’être exposés au Covid-19 – , demandant de savoir quand ils recevraient leurs salaires dus. Les petites usines ont également des problèmes concernant les facilités de prêt bancaire.

En solidarité avec les travailleuses de l’habillement, la MMF Bangladesh et d’autres organisations de femmes ont organisé une manifestation en ligne pour la justice, les salaires et la sécurité de l’emploi. En raison du verrouillage mondial, la MMF Bangladesh a organisé la campagne par le biais des médias sociaux le 24 avril pour les droits et le bien-être des travailleuses de l’habillement.

Rapport de la MMF Bangladesh

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Bulletin de Liaison – Juillet 2020